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Calendrier - Les Nabis | 20 Octobre 2003 |
Le vendredi 24 octobre 2003, de 10h à 18h, la salle d'exposition de l'Hôtel des Ventes du Palais ornera l'un de ses murs d'une uvre d'Odilon Redon (Bordeaux 1840 Paris 1916), personnage important du courant Nabis à la fin du XIX° siècle.
Paul Sérusier (1863-1927) reprendra ce terme en 1888 au poète Cazalis, de l'hébreu Nebiim "prophète" : lui et ses amis peintres deviennent les initiés d'une confrérie à la recherche des sources pures de l'art et de l'émotion sincère. Le point de départ sera "Le talisman" (Paris, Musée d'Orsay), peint en 1888 par Sérusier sous les conseils de son ami Paul Gauguin. Pour anecdote, les Nabis possédaient en commun un tableau de Gauguin dont ils disposaient par roulement. Les Nabis, c'est tout d'abord un petit groupe d'artistes qui se réunit à "l'Os à Moëlle", un café restaurant situé passage Brady à Paris et créé par Maurice Denis (1870-1943), ou encore dans l'appartement de Paul Ranson (1864-1909) en plein Montmartre. Les premiers adeptes sont pour la plupart des élèves de l'Académie Jullian. Mystère, magie, occultisme, littérature ésotérique, stylisation romane et estampes japonaises influencent leur création. Les couleurs sont vives et posées en aplat, sans perspectives ni camaïeux de couleurs. Les tons sont purs et les formes simplifiées. Il ne garde du sujet que l'essentiel, ils choisissent les symboles à l'image et prennent le parti de représenter une idée plutôt que la nature. Tout cela les éloigne des impressionnistes. Ils prônent un nouveau rapport à la nature, mais également à l'art : ce dernier doit être intégrer au quotidien par le biais des papiers peints, des tissus d'ameublement, des vitraux, des décors de théâtre
La littérature s'essaiera à ce nouveau style (La Revue Blanche), mais les Nabis recherchent une pure expression plastique, une spontanéité dans le jeu des couleurs et des formes au service de l'expression d'une idée, de ce fait ils ne sont pas toujours d'accord avec une théorisation de leur courant, ils accordent une prépondérance à l'imagination. Ils souhaitent traduire une sensation en image, donner un équivalent plastique et coloré à des allégories et des symboles. Le grand public découvre leurs réalisations en juin 1889 au Café Volpini, dans l'enceinte de l'exposition universelle. L'exposition s'intitule "Groupe impressionniste et synthétiste".
Leur ouverture d'esprit et leur quête d'inspiration participent dès la fin du XIX° siècle à l'élan de l'avant-garde et de mouvements novateurs. Afin d'accoster en douceur sur le contient Nabis, rien de tel que quelques citations
Plongez-vous dans une ambiance insolite, laissez libre cours à vos pensées
Les Nabis vous parlent
"Une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées"
"Au lieu de fenêtres ouvertes sur la nature, comme les tableaux des impressionnistes, c'étaient des surfaces lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d'un trait brutal, cloisonnées, car on parlait aussi à ce propos de cloisonnisme et de japonisme."
"L'équivalent passionné d'une sensation reçue."
"La distinction entre peinture de représentation et peinture décorative est annulée : le problème n'est plus la réalité représentée dans le tableau
mais le tableau lui-même comme objet fabriqué et qui vaut donc pour ce qu'il est et non pour ce à quoi il ressemble."
Maurice Denis "Cet arbre, vous le voyez vert ? Mettez donc le plus beau vert de votre palette. Et cette ombre plutôt bleue ? Peignez-la aussi bleue que possible."
Paul Gauguin guidant Sérusier pour "Le talisman" "(
) une tendance marquée au synthétisme du dessin, de la composition et de la couleur, ainsi qu'une recherche de simplification des moyens."
"(exiger de l'art) la matérialisation de ce qu'il y a de plus divin dans le monde, l'Idée."
Albert Aurier commente l'exposition au Café Volpini en juin 1889 "Je parle à ceux qui cèdent docilement et sans le secours d'explications stériles, aux lois secrètes et mystérieuses de la sensibilité du cur. (Elles) m'ont poussé à créer, selon mes rêves, des choses dans lesquelles j'ai mis mon moi tout entier."
"(mettre) la logique du visible au service de l'invisible."
Odilon Redon Odilon Redon va développer tout un univers magique et coloré, à la fois visionnaire et déjà surréaliste. Il illustre "Les fleurs du mal" pour Beaudelaire, préface le catalogue de l'exposition du Salon des Indépendants en juillet 1910, a pour ami Mallarmé et se voit inviter en 1886 à Bruxelles à l'occasion de l'exposition du Groupe des XX, véritable plate-forme de l'avant-garde internationale. Les amateurs parlent volontiers d'"orchestration chromatique". Il dépouille son espace pictural jusqu'à n'obtenir qu'un seul et unique plan. Les figures perdent leurs volumes pour devenir des arabesques, à la manière des estampes japonaises. Les peintures murales de Fontfroide (interdites au public) témoignent de ce goût pour l'abstraction des formes et la mise à plat de l'espace. La vente du samedi 25 octobre à 14h30 dispersera une collection de tableaux anciens, XIX°, provençaux, modernes et pointillistes avec Henri Aurrens (1873 - ? ) exposé au Musée Cantini à Marseille, Achille Laugé (1861-1944) exposé au Musée des Beaux Arts de Toulouse et dont le catalogue raisonné est en cours d'élobaration (Nicole Tanburini, tél./fax : 01 45 48 31 78), Jos Pauwels (1903-1983) et Berten Colier (XX°). Catalogue et photos : www.etudedeprovence.com Etude de Provence
Hôtel des Ventes du Palais
25 rue Breteuil 13006 Marseille
Tél. : 04 96 110 110 Fax : 04 96 110 111
contact@etudedeprovence.com
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